Journée d'étude sur l'avenir du multilinguisme à Bruxelles

Samedi (12/2), le ministre bruxellois en charge de la promotion du multilinguisme, Sven Gatz, organisait la journée d'étude "L'avenir sera multilingue" au Résidence Palace à Bruxelles. Au cours de cette journée, ouverte par le Premier ministre Alexander De Croo, des experts et des universitaires ont éclairé le multilinguisme à Bruxelles sous différents angles. Pourquoi le multilinguisme est-il si crucial pour l'avenir de notre pays et comment pouvons-nous l'ancrer ? Quels sont les avantages de l'enseignement bilingue ? Quels sont les défis auxquels les entreprises sont confrontées ? La législation linguistique actuelle peut-elle être modifiée ? La journée d'étude s'est achevée par un débat sur le multilinguisme et la réforme de l'État. Les mots de clôture ont été prononcés par le ministre Sven Gatz lui-même. Cette journée d'étude a également pu être suivie en livestream via www.betalky.brussels Les interprètes de conférence de la KU Leuven, Campus Bruxelles, ont assuré les traductions en néerlandais, anglais et français.

Nouveau livre

Avec cette journée d'étude, le ministre Gatz veut continuer à souligner l'importance du multilinguisme en Région bruxelloise. Pour l'enseignement, les entreprises et le secteur culturel. Le ministre apporte également une contribution personnelle avec son livre récemment publié, dont il a remis le premier exemplaire au Premier ministre. Dans ‘L'avenir sera multilingue. Bruxelles comme laboratoire’ (édité en néerlandais, français et anglais par Uitgeverij Lannoo, Tielt), il décrit comment Bruxelles, dominée par les Français et bilingue, est devenue le cœur battant de l'Europe, a subi l'essor de l'anglais et est devenue la métropole qu'elle est aujourd'hui. Des débats de fond avec des Bruxellois multilingues et des universitaires brossent le portrait d'une métropole unique.

Après un ​ slam de l'écrivaine critique sociale Hind Eljadid, la journée d'étude a débuté par une introduction du Premier ministre Alexander De Croo. Dans son discours, il a surtout insisté sur la réalité linguistique actuelle à Bruxelles et l'importance du multilinguisme dans un contexte international. Le Premier ministre a plaidé en faveur d'une mise encore plus en avant du multilinguisme et la journée d'étude est selon lui un excellent début.

L'aspect du multilinguisme sur le lieu de travail a été abordé dans trois cas: Katrien Meulenaere a expliqué la politique de multilinguisme de la KBC Brussels, Peter Mortier a mis en avant le multilinguisme au sein de la société de transport bruxelloise STIB et le point de vue des entreprises a été présenté par Frans De Keyser de BECI.

Lors du débat sur le multilinguisme et l'enseignement, modéré par Jill Surmont, professeure à la VUB, le professeur Lieven Buysse de la KUL Campus Brussels, Laurence de Ruette de l'école St-Boniface Parnasse à Ixelles et Hilde De Smedt de Foyer ont été confrontés à des propositions pointues, telles que : le mélange des langues à l'école entraîne-t-il une baisse de la qualité de l'enseignement ? Une connaissance insuffisante de la langue de l'école conduit-elle à l'abandon scolaire ? N'y a-t-il pas trop peu de soutien aux enseignants pour les aider à comprendre comment un enfant apprend une langue et comment gérer le multilinguisme ?

Indice de multilinguisme

Le professeur Philippe Van Parijs (UCL), qui préside également le Conseil du multilinguisme, a présenté le concept du nouvel indice de multilinguisme de la plateforme linguistique Brulingua. En plus de la coopération existante, la Région bruxelloise souhaite faire un pas de plus vers une Cité des langues, où chacun pourra mesurer ses compétences linguistiques, recevoir des conseils et être orienté vers le meilleur cours de langue possible.

Philippe Van Parijs: “Le présent de Bruxelles est multilingue. Mais son avenir doit l’être encore bien plus et le sera. Beaucoup de Bruxellois n’arrivent pas à communiquer dans les trois langues économiquement les plus importantes à Bruxelles. Il faut qu’ils y parviennent tous. Beaucoup de familles bruxelloises hésitent à transmettre à leurs enfants la langue de leurs racines. Il est dans l’intérêt de tous qu'elles le fassent avec persévérance, avec enthousiasme, avec fierté. Beaucoup de Bruxellois ignorent l’existence de Brulingua, une plateforme de test et d’apprentissage en ligne qui leur est depuis octobre accessible gratuitement pour 24 langues. Il est grand temps qu’ils s’en emparent. Demain encore plus qu’aujourd’hui, le multilinguisme fera partie des atouts de Bruxelles. Chacune et chacun d’entre nous peut contribuer chaque jour à l’approfondir, à le démocratiser, à en faire une part de notre identité.”

La dernière partie de la journée d'étude s'est axée sur un débat autour du multilinguisme et de la réforme de l'État, avec le professeur Philippe Van Parijs (UCL), le journaliste Rik Van Cauwelaert, Els Rochette (one.brussels-Vooruit), Alexia Betrand (MR) et le modérateur Martin Buxant (LN24). Ils ont notamment débattu de la question de savoir si l'enseignement devait devenir une compétence des régions afin de permettre à la Région de Bruxelles-Capitale de pouvoir mettre en place un réseau d'enseignement multilingue, ou si la législation linguistique fédérale devait être modifiée et l'anglais reconnu comme langue officielle à Bruxelles.

Dix propositions pour plus de multilinguisme

Dans son discours de clôture, le ministre Gatz a donné quelques réponses aux questions soulevées lors du débat. Dans son livre "Le futur sera multilingue. Bruxelles comme laboratoire", le ministre a élaboré dix propositions concrètes. Il pense que dans le domaine de l'enseignement, beaucoup de choses sont déjà possibles dans le cadre des décrets actuels sur le multilinguisme, comme l'enseignement par immersion, et il se félicite de la tendance du côté francophone à faire du néerlandais (ou de l'allemand) une deuxième langue obligatoire dans l'enseignement. Dans le cadre d'une prochaine réforme de l'État, un troisième réseau éducatif bruxellois multilingue à part entière pourrait être discuté. Sur le plan culturel, le ministre continue de prôner une communication culturelle multilingue. En 2030, la Belgique fêtera son 200e anniversaire, un moment propice à une nouvelle tentative de désignation de Bruxelles comme capitale culturelle européenne. Il appelle le monde des entreprises à investir encore plus dans le multilinguisme et propose de créer un prix ou une récompense pour honorer une entreprise ayant réalisé d'importants efforts pour promouvoir le multilinguisme parmi son personnel.

Modernisation de la législation linguistique

Le ministre est également favorable à la modernisation de la législation linguistique et préconise la nomination d'un ministre bruxellois du multilinguisme et d'un secrétaire d'État fédéral au multilinguisme après les prochaines élections. Ce dernier pourrait alors se voir confier la tâche de réviser la législation linguistique. Dans l'intervalle, le gouvernement fédéral pourrait toutefois nommer une commission indépendante, composée de spécialistes externes, et pas seulement de juristes, pour évaluer la législation linguistique et élaborer des propositions en vue d'une future adaptation.

Le ministre Gatz : « La question est de savoir si la structure politique de Bruxelles dans son ensemble est encore adaptée à la nouvelle réalité bruxelloise du multilinguisme. Cette structure a été conçue au siècle dernier pour résoudre les problèmes de l'époque. Les problèmes de ce siècle sont différents. Il suffit de penser à la diversité, au multilinguisme, à la santé, à la mobilité et au climat. Des problèmes qui transcendent la dichotomie traditionnelle entre francophones et néerlandophones et qui nécessitent un modèle différent pour trouver des solutions. »
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Amil Djellal Porte-parole adjoint FR
Eva Vanhengel Woordvoerder / porte-parole

 

A propos de Sven Gatz

Sven Gatz
Ministre du Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, chargé des Finances, du Budget, de la Fonction publique, de la Promotion du Multilinguisme et de l'Enseignement néerlandophone
Avenue des Arts, 9
1210 Bruxelles